Confier les tâches administratives à un assistant virtuel

  • 22 mai 2014
  • Edward Poll

Les cabinets juridiques de toutes tailles et les avocats et avocates dans tous les champs de droit subissent les pressions de clients et clientes qui veulent amĂ©liorer en valeur et en efficacitĂ© la structure de frais des services juridiques. La popularitĂ© croissante de l’impartition des services administratifs en dĂ©coule. Le principe de l’impartition est fondamental : faites ce que vous faites le mieux – exercer le droit – et laissez Ă  d’autres faire ce qu’ils font le mieux, le plus efficacement et Ă  moindre coĂ»t pour vous et votre clientèle.

Main-d’Ĺ“uvre Ă©trangère bon marchĂ©

Les cabinets juridiques connaissent bien l’impartition. Depuis des annĂ©es, ils embauchent Ă  l’externe pour des fonctions telles la salle du courrier ou la gestion des documents. Plus rĂ©cemment, la prolifĂ©ration de l’Internet Ă  haute vitesse a permis Ă  des cabinets de se connecter au bassin croissant de main-d’Ĺ“uvre talentueuse et instruite de pays en voie de dĂ©veloppement oĂą l’usage de l’anglais est rĂ©pandu – notamment l’Inde. Ces fournisseurs de l’Ă©tranger peuvent rĂ©duire jusqu’Ă  80 % les coĂ»ts de fonctions telles la transcription, la recherche, l’examen de documents, la recherche d’antĂ©rioritĂ©s de brevets, la saisie de donnĂ©es et la facturation.

Ils n’exercent pas le droit. Ils assurent des services de soutien de qualitĂ© Ă  faible prix aux avocates et avocats licenciĂ©s. Et parce qu’il s’agit de services de haut volume, ils ne sont pas accessibles aux praticiennes et praticiens seuls ou aux petits cabinets. Ces avocats trouveront plus viables la solution des assistants virtuels (AV).

Impartition spécialisée

Les AV sont des techniciennes et techniciens juridiques ou des spĂ©cialistes administratifs qui travaillent Ă  l’extĂ©rieur, en ligne, offrant des services selon vos spĂ©cifications en fonction des besoins de votre pratique. La technologie permet l’accès Ă  de tels services sans avoir Ă  embaucher de salariĂ©s Ă  temps plein. En tant que propriĂ©taire d’une entreprise indĂ©pendante, votre AV est ni un employĂ© ni un subordonnĂ©. Il ressemble davantage Ă  une ou un comptable ou Ă  tout autre consultant ou consultante d’affaires avec qui l’avocat ou l’avocate entretient des rapports constants de collaboration. Avec le temps, l’AV connaĂ®t votre entreprise et ses besoins, comme tout fournisseur de services Ă  long terme.

Les assistants virtuels font partie d’une stratĂ©gie d’impartition qui peut assurer aux avocats la meilleure des solutions pour certains cas. Vous obtenez un joueur d’Ă©quipe professionnel, choisi selon vos critères, Ă  l’Ă©coute de l’entreprise et des besoins professionnels de votre pratique. Vous n’avez pas Ă  assumer le coĂ»t (et la responsabilitĂ© Ă©ventuelle) d’un employĂ©, et vous ĂŞtes libre de mettre l’accent sur la reprĂ©sentation et le recrutement de clients et de clientes.

Processus de sélection

Les assistants virtuels devraient ĂŞtre choisis comme tout autre fournisseur de services professionnels. Ă€ la base un site Web informatif et bien construit, au moins trois annĂ©es d’expĂ©rience en affaires et des rĂ©fĂ©rences professionnelles adĂ©quates constituent des prĂ©alables. Ne prenez pas de dĂ©cision finale sans avoir procĂ©dĂ© Ă  une entrevue, en personne ou par tĂ©lĂ©phone. Il est important de s’assurer que l’assistant virtuel a les compĂ©tences et la sophistication techniques pour entretenir des rapports d’affaires efficaces sur Internet, qu’il ne travaille pas simplement Ă  temps partiel ou n’offre pas une gamme incomplète de services. Évaluez les coĂ»ts de l’AV en utilisant vos propres barèmes professionnels : une structure de coĂ»ts trop bas peut indiquer une entreprise peu viable, alors que des coĂ»ts trop Ă©levĂ©s peuvent vous empĂŞcher d’offrir aux clients la valeur qu’ils exigent tout en respectant vos propres budgets.

Au-delĂ  de ses considĂ©rations d’affaires, songez aux qualifications professionnelles d’un futur AV. Une technicienne ou un technicien juridique devrait avoir des attestations d’institutions Ă©ducatives accrĂ©ditĂ©es et dĂ©montrer une connaissance des règles locales de procĂ©dure judiciaire et civile, en plus de possĂ©der des connaissances approfondies utiles Ă  votre pratique. Selon vos besoins, un AV technicien juridique devrait aussi pouvoir prĂ©parer des documents pour une variĂ©tĂ© de procĂ©dures (assignations de tĂ©moins, plaintes, motions, etc.), rĂ©sumer des dĂ©positions et exĂ©cuter des recherches.

Un AV administratif devrait pouvoir dĂ©montrer la capacitĂ© d’organiser des documents et chronologies et de crĂ©er et entretenir des dossiers de clients. Un assistant virtuel devrait aussi pouvoir exĂ©cuter toutes ces fonctions Ă  distance par ordinateur. Cela suppose et exige des systèmes de courrier Ă©lectronique, de traitement de texte, de gestion de documents compatibles ainsi que des capacitĂ©s de base de donnĂ©es. Il existe bien sĂ»r d’autres moyens d’Ă©changer des documents – tĂ©lĂ©copie, service de messagerie 24 heures et mĂŞme le service postal. Mais l’intĂ©gration Ă©lectronique est essentielle.

Mises en garde

Il est très important de s’assurer que le rapport avec l’assistant virtuel dĂ©coule d’un contrat avec un entrepreneur indĂ©pendant. Ne commettez pas l’erreur de croire qu’il suffit d’embaucher Ă  temps partiel une ou un technicien ou une ou un adjoint juridique Ă  distance. Si la personne que vous embauchez ne contrĂ´le pas indĂ©pendamment ses mĂ©thodes de travail – si elle dĂ©pend de son employeur pour savoir ce qui doit ĂŞtre fait et comment – cette personne pourrait de fait se conformer Ă  la dĂ©finition lĂ©gale d’un employĂ© ou d’une employĂ©e, et vous seriez alors assujetti Ă  toutes les exigences lĂ©gales imposĂ©es Ă  un employeur.

Notez aussi qu’une relation avec un AV est diffĂ©rente des rapports que vous entretenez avec des agences de personnel temporaire. Les employĂ©s temporaires peuvent aider Ă  rĂ©soudre certains besoins si vous travaillez seul ou en petit cabinet, mais si vous avez besoin de plus qu’une ou un aide-commis dĂ©butant il serait sage de considĂ©rer et de sĂ©lectionner une ou un employĂ© temporaire Ă  long terme. Cette option s’adapte bien Ă  des projets et litiges prolongĂ©s, mais ne devrait ĂŞtre poursuivie qu’avec une agence spĂ©cialisĂ©e en personnel juridique temporaire.

La rentabilité

Pour trouver l’assistant virtuel idĂ©al Ă  l’externe, il faut bien connaĂ®tre ses besoins et les qualitĂ©s requises pour les combler. Le choix final reste finalement une dĂ©cision bien personnelle. Si vous abordez honnĂŞtement vos critères d’intĂ©gritĂ©, de sens d’initiative, de professionnalisme et de compĂ©tences techniques, le bon candidat ou la bonne candidate apparaĂ®tra. CrĂ©ez votre propre liste de candidats et de candidates en rĂ©seautant, en demandant des recommandations de collègues, de clients, de clientes, et d’associations de barreaux. Assurez-vous de vĂ©rifier toute rĂ©fĂ©rence et attestation d’un candidat avant de prendre la dĂ©cision finale.

N’oubliez pas que vous voulez amĂ©liorer le service Ă  la clientèle et l’efficacitĂ© pour vous. Les rapports d’impartition, particulièrement avec un AV professionnel, devraient crĂ©er plus qu’un bon rapport coĂ»t-efficacitĂ© – ils devraient contribuer Ă  bâtir une Ă©quipe efficace et renforcer votre pratique.

Edward Poll (edpoll@lawbiz.com) est CMC et mentor de procureurs et de cabinets juridiques Ă  Los Angeles pour les aider Ă  devenir plus rentables. Il est l’auteur de Attorney and Law Firm Guide to the Business of Law : Planning and Operating for Survival and Growth, 2nd ed. (ABA, 2002), Collecting Your Fee: Getting Paid from Intake to Invoice (ABA, 2003) et, plus rĂ©cemment, de Selling Your Law Practice: The Profitable Exit Strategy (LawBiz, 2005).