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À-Bout-de-Souffle-et-de-Patience

09 janvier 2026

Chère Advy,
 

Je suis normalement assez bonne pour fixer des limites. Le petit cabinet spécialisé où je pratique s’efforce à organiser des activités sociales géniales et à renforcer l’esprit d’équipe. Ces derniers temps, le problème est que toutes les activités tournent autour de l’activité physique. Je comprends la nécessité de faire de l’exercice et les effets positifs que cela a sur mon bien-être général. Je peux vous assurer que je vais souvent à la salle d’entraînement. Même si je n’aime pas ça, je le fais, mais je préfère que ce soit une activité solitaire. La pression exercée pour participer à ces « entraînements en équipe » est épuisante. Plus récemment, les randonnées en groupe, les séances de yoga ainsi que les défis de podomètre et d’utilisation des escaliers semblent se succéder l’un après l’autre. Bien que cela ne soit pas explicite, je sens une certaine obligation d’y participer. J’aimerais connaître des façons de ne pas y prendre part ou, à tout le moins, avoir des recommandations sur la façon dont je peux suggérer d’autres activités moins physiques. Toute idée serait la bienvenue.

Sincèrement,
À-Bout-de-Souffle-et-de-Patience


Chère À-Bout-de-Souffle-et-de-Patience,

« Se remettre en forme » est l’une des résolutions les plus courantes des gens au Nouvel An. C’est bien en soi, mais c’est autre chose quand quelqu’un prend cette résolution pour nous. Peu de choses sont aussi démotivantes que la résolution de rester en bonne santé imposée par quelqu’un d’autre.

On dirait que la personne qui pense à ces activités de groupe est convaincue que cela aide les gens à faire de l’exercice. Il y a de nombreux avantages à participer à une activité physique de groupe. Il ne fait pas de doute que, pour bien des gens, la plupart du temps, avoir quelqu’un avec qui faire de l’exercice est utile pour trouver la motivation de suivre un programme d’exercice. Bouger avec d’autres gens peut renforcer la cohésion sociale, ce qui rend souvent ce type d’activité attrayant pour les gestionnaires désireux de renforcer l’esprit d’équipe au travail. Vous faites allusion à cet objectif dans votre lettre. Faire des activités physiques avec un groupe ou avec des amis peut même réduire la sensation de fatigue, tout en vous poussant à faire de l’exercice plus longtemps.

Non, je n’essaie pas de vous convaincre de suivre le programme d’exercices de groupe de votre cabinet. L’« ingrédient spécial » des programmes d’exercices de groupe semble certainement être le désir des participants d’y prendre part. Cependant, une étude publiée en 2013 a révélé le lien intrinsèque entre l’effet bénéfique de l’exercice avec des pairs et la motivation des participants. Les motivations personnelles, comme vouloir garder la forme, sont souvent plus importantes pour atteindre ses objectifs de conditionnement physique que la pression sociale. Hormis la question de l’activité physique, il semble que l’obligation que vous ressentez de participer à ces activités diminue votre enthousiasme à l’égard de votre culture de travail, ce qui signifie que votre cabinet n’atteint pas son objectif de « promotion de l’esprit d’équipe » en imposant ces exercices, du moins en ce qui vous concerne.

C’est comme si l’on vous donnait une paire de superbes chaussures de course deux tailles trop petites. L’intention est peut-être bonne et le cadeau peut sembler tout indiqué de l’extérieur, mais il ne vous aide pas le moins du monde.

Pourquoi est-il important de comprendre ce qui motive votre cabinet à organiser ces activités de groupe? Il est probable que la personne ou le comité qui a créé ce programme croit sincèrement qu’il s’agit d’une bonne chose pour vous et pour l’ensemble de vos collègues. La logique s’appuie sans doute sur tous les avantages prouvés mentionnés ci-dessus et il ne voit pas les possibles inconvénients de ces initiatives. Votre lettre me laisse aussi l’impression que, hormis cet aspect, vous aimez votre milieu de travail. Aussi, bien que vous souhaitiez reprendre votre routine de conditionnement physique en solo, vous ne voulez pas vous fermer des portes. Ce programme d’activités de groupe soulève deux éléments distincts :

  1. le cabinet organise ces activités en mettant depuis peu l’accent sur le conditionnement physique;
  2. le cabinet rend obligatoire implicitement, sinon explicitement, la participation à ces événements.

Vous ne mentionnez pas un problème inhérent à ces activités de groupe, si ce n’est qu’elles s’articulent autour du conditionnement physique dernièrement. Ainsi, le premier élément n’est pas le problème principal. Le problème est lié à la pression que votre cabinet vous impose de renoncer à vos objectifs individuels pour accorder la priorité aux activités de groupe.

Outre la ferme conviction qu’encourager beaucoup de gens du bureau à participer aux activités de groupe (en mettant un peu de pression) est bon pour tout le monde, il est possible que la direction, le comité social ou la personne responsable craigne aussi que si tout le monde ne participe pas, alors les gens se désistent peu à peu des activités et cessent totalement d’y participer. C’est un peu l’hypothèse du tout ou rien. L’idée étant que lorsque des membres individuels du cabinet constateront que certains collègues choisissent de ne pas y prendre part, cela leur donnera la permission de sauter la prochaine randonnée de groupe ou le prochain tournoi de pickleball, et leur laissera l’impression que ce n’est pas important. La pression bien intentionnée, mais possiblement problématique que vous ressentez n’est pas seulement motivée par le désir de bien faire, mais aussi par la peur qu’une assiduité irrégulière mène l’ensemble des membres du cabinet à renoncer aux activités de renforcement de l’esprit d’équipe.

Que faire alors pour résoudre ce problème?

Parlez de vos préoccupations à la personne responsable des activités. Cette conversation se déroulera mieux si vous pouvez aborder la question avec le plus de compassion possible. D’autres facteurs auxquels je ne pense pas, mais que vous pouvez explorer dans une conversation positive, exercent possiblement une incidence sur les motivations de cette personne.

Si vous lui dites que vous voulez sauter une partie ou la totalité de ces activités de conditionnement physique en groupe, écoutez ses objections avec attention et compassion. Si elle craint que votre absence déclenche une baisse de la participation globale, réfléchissez à ce que vous pourriez faire pour réduire l’incidence de votre décision. Pourriez-vous prendre part à certaines activités, mais pas à chacune d’elles? Pourriez-vous assister à des événements qui ne sont pas des activités de conditionnement physique? Pourriez-vous les remercier publiquement pour leurs efforts d’une manière qui encourage d’autres personnes à participer? Je ne vous suggère pas de prendre toutes ces mesures ou certaines d’entre elles. Cependant, alléger la pression de la participation peut signifier la prise en compte de la nature des préoccupations du cabinet et une réflexion sur la manière d’y réagir de manière appropriée.

Faites un plan avec la personne responsable pour combler votre propre besoin de faire du conditionnement physique en solo tout en répondant aux besoins du cabinet. De cette façon, vous pourrez accomplir ce dont vous avez besoin pour atteindre vos objectifs et éviter la détérioration de votre relation avec votre milieu de travail. La vie est trop courte pour passer du temps dans un cours de cardio auquel vous ne vouliez pas participer!

Prenez bien soin de vous.
Advy