Travailler dans les nuages
2011 pourrait bien être l’année où le cloud computing s’impose dans la culture de travail des entreprises. Le concept a beaucoup de partisans, mais aussi quelques détracteurs.
Par Patrick Bellerose
Le concept du cloud computing, francisé par le terme « informatique en nuages », est simple. Les données traditionnellement conservées sur le poste d’un ordinateur sont stockées sur les serveurs d’un fournisseur de services. On peut ainsi accéder aux documents en tout temps, que ce soit sur un portable ou un téléphone intelligent, et réduire les coûts associés à l’achat et au maintien de serveurs dans l’entreprise. Le cloud computing permet aussi de partager plus facilement des informations entre utilisateurs d’une entreprise
ou avec des clients.
Une étude menée par la firme française MARKESS International affirme qu’en 2009 moins de 10 % des enterprises recouraient au cloud computing. Cette proportion devrait exploser au cours des prochaines années pour passer à une entreprise sur trois, voire une sur deux. Dominic Descary, conférencier et cofondateur de DCE Solutions, spécialisée en formation sur les technologies mobiles, estime toutefois que le nombre d’entreprises ayant recours au cloud computing au Québec est plus modeste. « Moins de 7 % », dit-il.
Dominic Jaar, associé délégué chez KPMG Canada et spécialiste en gestion de l’information, est catégorique : « Je ne pourrais pas revenir aux méthodes ancestrales de travail ». KPMG utilise SharePoint, de Microsoft. Similaire à Office, le système permet notamment de créer des sites Web sécurisés par projet. Ainsi, les employés de divers départements, ou de bureaux à l’étranger, de même que les clients, peuvent consulter un document sans échanger de courriels. « Si je fais une mise à jour, je peux envoyer une alerte à tous ceux qui travaillent sur le projet, dit Me Jaar. De plus, les diverses versions sont conservées en ligne, ce qui crée une mémoire d’entreprise ».
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« Nous sommes dans une période de transition. Il est normal que ces outils rendent encore plusieurs personnes nerveuses ».
— Jason Beahm, FindLaw.com
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Pour Jason Beahm, auteur américain pour le site FindLaw.com sur les questions de technologie, le cloud computing permet aux petites entreprises de s’organiser à bas prix. « Dans ma firme [où il est le seul avocat], j’utilise Evernote, illustre-t-il. Ça me permet de prendre des notes, d’organiser mes documents, d’enregistrer des fichiers audio et de tout retrouver facilement grâce à des mots-clés. Avant, j’aurais dû imprimer tout cela et l’organiser dans des dossiers. »
Mais le cloud computing n’est pas sans risques. Le fondateur de la Free Software Foundation, Richard Stallman, a déjà affirmé que les utilisateurs se retrouveront éventuellement « coincés » et devront payer de plus en plus cher pour ces services. Un sondage réalisé lors de la conference de pirates informatiques DEF CON a également démontré que 96 % de ceux-ci estiment que ce service ouvre la porte à plus d’occasions favorables au piratage.
Pour ceux qui craignent de confier leurs données à une entreprise externe, il existe des solutions qui stockent les données sur l’ordinateur personnel tout en y donnant accès à distance. Tonido est un de ces systèmes disponibles gratuitement en ligne. « Ça soustrait l’élément cloud qui peut en effrayer certains », souligne David Whelan, responsable des systems de gestions de contenu pour la Law Society of Ontario. Encore faut-il utiliser un accès sécurisé lorsqu’on se connecte à distance.
« Nous sommes dans une période de transition, conclut Jason Beahm. Il est normal que ces outils rendent encore plusieurs personnes nerveuses ». Mais le cloud computing et les outils de partage semblent là pour rester. Il suffit d’apprendre à les connaître.
Patrick Bellerose est journaliste à Montréal : www.patrickbellerose.com
– Cet article a d'abord paru dans le numéro de mars 2011 du Magazine National.
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