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Emplois d'été : les temps changent
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Osgoode Hall LLM


Emplois d'été : les temps changent

Le processus d'embauche d'étudiants et de stagiaires a profondément changé au sein des cabinets juridiques.

Les stagiaires d'aujourd'hui participent à des programmes intensifs de travail, de formation professionnelle et d¹activités sociales. Par ailleurs, le processus rigoureux de sélection des cabinets tient compte des résultats scolaires (au premier cycle et à la faculté de droit), les activités parascolaires, de l'expérience de vie et d'interviews.

Cette méthode de sélection a certainement influencé la qualité des stages, mais produit-elle nécessairement de meilleurs juristes en bout de ligne? Et combien d'étudiants et d'étudiantes échappent-ils à un filet d¹embauche qui les oblige parfois à prendre des décisions de carrière avant même de terminer leur première année de droit?

« Je ne crois pas avoir postulé de postes de stagiaire avant le second semestre de la troisième année à la faculté de droit (en 1982) », déclare Denise Rhéaume, professeure à la faculté de droit de l'Université de Toronto et adversaire des nouvelles pratiques d'embauche. ´ Cela m'a donné deux années et demie pour réfléchir à mon avenir."

Aujourd'hui, on ne songerait pas à postuler un stage en troisième année. C'est beaucoup trop tard. Normalement, les étudiants de deuxième année formulent des demandes de stage au mois d'août qui précède leur dernière année. Ce processus s'accompagne d'un empressement des cabinets à reprendre les étudiants qu'ils ont embauchés durant l'été.

A Toronto, par exemple, selon les chiffres les plus récents, environ 70 % des stagiaires avaient passé au moins un été ­ et parfois deux ­ avec le cabinet qui les a éventuellement embauchés. « Les décisions sont prises plus tôt et l'accent est désormais sur les emplois d'été », affirme Stephanie Willson, directrice de formation professionnelle au cabinet McMillan Binch. «Je pense qu'il est juste de dire que 99 pour cent des étudiants intéressés à travailler dans de grands cabinets postulent des emplois d'été. »

Pour le moment, la majorité des postes d'été sont confiés à des étudiants ayant complété leurs deux premières années de droit. Mais un petit nombre de cabinets ont commencé à embaucher les étudiants les plus prometteurs de première année. Cette nouvelle pratique s'accélère depuis quelques années, précise Wendy Griesdorf, directrice des services de carrière à Osgoode Hall. Quand des cabinets new-yorkais ont raflé certains des meilleurs étudiants canadiens de première année, les cabinets d'ici ont emboîté le pas.

Mme Griesdorf se méfie. « Après la première année, les étudiants n'ont pas l'expertise juridique pour travailler sur une cause, opine-t-elle. Nous disons toujours aux étudiants, à ce stade, que la meilleure chose qu'ils puissent faire, c'est de trouver un emploi qui ne ressemble en rien à ce qu'ils feront pour le reste de leur vie. »

Fraser Milner Casgrain compte parmi les cabinets torontois qui offrent des emplois d'été aux étudiants de première année. « Ce programme constitue une occasion d'apprendre pour les étudiants, une occasion de mieux connaître le cabinet et de décider si c'est le genre de milieu dans lequel ils voudraient travailler », dit Farah Jamal, directeur des programmes étudiants à FMC. « Et ça nous aide à mieux connaître les étudiants, ce qui nous augmente le niveau de confiance si nous décidons de les reprendre comme stagiaires. »

Évidemment, cela augmente la pression aux examens en première année. On veut les meilleurs résultats possibles. « Nous recevons environ 800 demandes d'emploi tous les étés, dit Mme Willson. Nous voulons les comparer aussi équitablement et objectivement que possible, et pour le faire, nous regardons les cours et les résultats. »

« Mais nous ne nous contentons pas de lire les relevés de notes et de prendre des décisions », ajoute-t-elle. « Nous cherchons aussi des preuves de valeurs éthiques, de leadership, la capacité de relever les défis, le jugement, la maturité, le travail d'équipe et les habiletés de service à la clientèle. Ce n'est pas une science, et je me tourmente à chaque demande d'emploi. »

Depuis quelques années, certains cabinets ont ajouté aux transcriptions, lettres et CV une nouvelle démarche importée des États-Unis : l'interview au campus même. « Cela nous permet de doubler le nombre de candidats que nous pouvons voir », dit Mme Willson.

Le système fonctionne-t-il? La réponse est simple, selon ceux qui font les embauches : oui.

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