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Leçons apprises : les pires erreurs et les plus grandes réussites professionnelles des avocats et des avocates
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Leçons apprises : les pires erreurs et les plus grandes réussites professionnelles des avocats et des avocates

Par Ann Macaulay

Des avocats et avocates nous font part de quelques-unes des erreurs qu’ils ont commises au cours des années ainsi que de leurs conseils quant à ce qui a bien fonctionné.

Leçons apprisesDans la pratique du droit, tous les avocats et avocates ont vécu des expériences qu’ils préféreraient oublier. Mais ce sont souvent des pires expériences que nous pouvons tirer les leçons qui nous serviront le plus pour le reste de notre vie. Les journées d’un avocat ou d’une avocate sont semées d’embûches potentielles – délais de prescription ratés, enjeux liés à la facturation, documents égarés, clients et clientes à problèmes. Or, à moins de faire quelque chose qui vous vaudra d’être radié, ce sont ces erreurs de bonne foi qui peuvent vous amener à faire vos expériences d’apprentissage les plus importantes.

Il y a un appel qu’un avocat de Toronto spécialisé en droit du travail n’a sans doute pas oublié. En effet, il a oublié de poser une question simple, mais très importante. Sa cliente potentielle raconte cet appel survenu il y a plusieurs années, à la suite d’une discussion qu’elle a eue avec son directeur. On avait dit à cette femme, employée d’une grande compagnie, qu’on la mettait en période d’essai. « En fait, j’étais congédiée. » Un ami lui a donné le nom d’un bon avocat spécialisé en droit du travail.

« Je l’ai appelé et je lui ai expliqué la situation. Mon employeur venait de me dire que je n’avais qu’une semaine pour changer complètement ou j’allais être congédiée. Pourtant, au cours des deux années précédentes, mon rendement avait été jugé exceptionnel. L’avocat s’est dit surpris et a affirmé que l’employeur n’avait pas de motif valable pour agir ainsi. Il s’agissait d’un cas irréfutable de congédiement injustifié ». L’avocat lui a ensuite demandé pour quelle compagnie elle travaillait. « Je lui ai répondu et il a fait “oh”, avant de faire une longue pause. “C’est la compagnie que je représente” », m’a-t-il dit. Puis il a poursuivi en disant : « Je suppose que c’est pour cela que les avocats devraient toujours d’abord demander le nom de la compagnie ». « À vrai dire, j’ai senti son cœur s’arrêter », a-t-elle ajouté.

Nous avons parlé à plusieurs avocats canadiens afin de découvrir quelques-unes des erreurs et réussites professionnelles les plus importantes les ayant menés là où ils sont aujourd’hui. Lisez ce qui suit pour profiter des leçons inestimables qu’ils ont tirées en cours de route, et pour éviter d’avoir à les apprendre à vos dépens.

Reconnaissez vos torts

Éviter des erreurs 

Moyens courants pour éviter de commettre des erreurs :

• Gérer les attentes des clients et des clientes

• Traiter les autres avocats et avocates avec courtoisie – On récolte ce qu’on sème

• Protéger sa réputation

• Être prêt

• Ne pas trop se laisser absorber par les problèmes des clients

• Ne pas accepter un client ou une cliente difficile

• Écouter ses propres pressentiments

• Écouter attentivement ce que le client a à dire

• Lever les ambiguïtés

• Ne pas tenir pour acquis que l’on gagnera sa cause

• Ne pas tenir pour acquis que l’on ne peut pas gagner une cause

• Gérer sa charge de travail

• Ne jamais sous-estimer les capacités de l’avocat de la partie adverse

• Ne jamais surestimer ses propres capacités

• Parler clairement avec les clients

• Lire ses documents très attentivement afin d’éviter de laisser des coquilles, ce qui peut complètement changer le sens d’un document juridique

• Ne pas se plonger dans son travail

• S’occuper de sa santé

• Établir des relations avec les autres

« Soyez prêt à admettre vos erreurs », dit Paul Iacono, avocat spécialisé en litige dans les domaines des délits, des assurances et des préjudices corporels chez Beard Winter LLP, à Toronto. Lorsque quelque chose se passe mal, il conseille d’en informer le client ou la cliente sur-le-champ. Lorsqu’il a commencé à pratiquer le droit, Me Iacono s’est occupé d’une affaire commencée par un autre avocat qui avait commis l’erreur d’omettre un important principe de droit. L’avocat a appelé son client et lui a dit ce qui s’était passé. Ensuite, il a noté le nom de cinq autres avocats et a dit au client de demander conseil à l’un d’entre eux à propos de l’affaire. « L’homme est alors venu me voir et j’ai fini par poursuivre cet avocat ». Ce qui a impressionné Me Iacono, c’est le professionnalisme de l’autre avocat dans ce contexte.

Quelques années plus tard, il s’est rappelé la leçon après avoir raté un délai de prescription dans un de ses propres dossiers. Il en a immédiatement informé son client « J’ai failli à ma tâche et vous devez aller voir un autre avocat ». Puis, il a informé son assurance professionnelle de l’incident. En fin de compte, l’autre avocat a intenté une poursuite et le client a eu gain de cause. Comme l’explique Me Iacono, « on ne peut pas essayer de fuir un problème. Il faut y faire face. La pire chose à faire, c’est de tenter d’étouffer l’affaire ».

Et si l’on ne s’attaque pas au problème tout de suite? « C’est encore pire. Le client est encore plus furieux », répond Me Iacono. Il conseille aux avocats de dire : « Je suis désolé de ce qui s’est passé et j’ai fait de mon mieux. J’ai commis une erreur et je suis humain. Il faut être réaliste dans ce domaine ».

On récolte ce que l’on sème

Un avocat ou une avocate qui souhaite garder l’anonymat a décrit une expérience vécue à titre de stagiaire en droit dans le cadre d’un procès très médiatisé et âprement mené, auquel participait un certain nombre d’avocates et d’avocats principaux. Son cabinet avait porté l’affaire en appel et avait chargé son stagiaire de s’assurer que l’affaire reste sur le rôle. « À cette époque, mon système de tenue à jour des échéanciers n’était pas à la hauteur », mentionne-t-il. Il avait raté l’échéance et l’appel a été rayé du rôle. « J’ai eu la tâche plutôt désagréable, en tant que stagiaire, d’entrer dans le bureau de l’associé principal, les genoux tremblants, pour lui dire “en passant, cette affaire à laquelle vous avez consacré une bonne partie de votre vie ces dernières années et pour laquelle on fait appel, eh bien, je viens de la faire rayer du rôle” ».

« Je suis sûr qu’il lui est venu à l’esprit toutes sortes de pensées assez négatives, mais il a dit “Bon, l’avantage avec les litiges, c’est que très peu d’erreurs ne peuvent être réparées. Cherchons des solutions pour réparer celle-là. Concentrons nos efforts sur ce qu’il faut faire pour remettre l’affaire sur le rôle.” J’ai donc eu à faire l’humiliante expérience de me rendre dans environ six cabinets d’avocats, la mine basse, pour leur demander de consentir à ce que l’affaire soit réinscrite sur le rôle. J’ai été surpris de constater que tout le monde a reconnu de bonne grâce qu’il s’agissait d’une erreur, sans en profiter ». L’affaire a été réinscrite sur le rôle.

« Tous les avocats commettent des erreurs, poursuit-il. J’ai vraiment trouvé que les gens, tant ceux de mon équipe – qui auraient pu me sauter à la gorge – que ceux de la partie adverse, ont réagi de manière correcte à l’égard de cette erreur. Tout le monde a réagi avec beaucoup de courtoisie. J’ai beaucoup appris de cette histoire. Depuis, je ne cherche pas à profiter des erreurs des autres et je reconnais pleinement le fait que cela fait partie de la vie et que nous devons tous et toutes reconnaître que nous en ferons un jour l’expérience. »

Il ajoute que récemment, il a vu davantage de dossiers dans lesquels des avocats font valoir des arguments liés à des formalités, « qui n’ont plus d’incidence au terme de l’affaire. Si vous faites cela, attendez-vous à ce que cela se retourne contre vous. Et cela ne se retournera pas contre vous simplement dans le cadre de ce dossier particulier. La dernière chose que vous devriez faire, c’est de passer pour une personne avec laquelle on ne peut pas traiter raisonnablement dans la profession, car du jour au lendemain tous les autres avocats auxquels vous aurez affaire sauront que vous avez cette réputation. Ils vous traiteront différemment, ne vous donneront aucune chance au moment où vous en aurez besoin ».

Établissez des relations

« J’aurais aimé savoir plus tôt jusqu’à quel point les relations sont importantes dans la pratique du droit et me tisser un réseau de connaissances dès ce moment-là », fait savoir Soma Ray-Ellis, avocate associée et chef des services collectifs d’emploi de Paterson, MacDougall LLP, à Toronto, qui agit actuellement comme avocate d’Air India dans l’enquête Air India.

« Quand j’ai commencé à pratiquer le droit, je pensais qu’il suffisait de travailler fort et de produire de bons résultats, explique-t-elle. Or, ce n’est que le minimum. En effet, nous passons aussi une bonne partie de notre temps à gérer les clients, les clientes et les relations à l’intérieur et à l’extérieur de la profession, y compris les médias juridiques, les médias en général et l’ensemble des relations humaines ».

Pour Eamon Hurley, avocat général chez Northrock Resources, à Calgary, son choix de garder le contact avec des avocats et avocates d’un cabinet qu’il a quitté et de donner suite aux offres des gens a été l’un des meilleurs de sa carrière. Lorsque des gens m’ont dit, “ appelle-moi, nous irons dîner et jouer au golf ”, je les ai appelés ».

Me Hurley ajoute que beaucoup trop de jeunes avocats qu’il côtoie ne s’emploient pas à établir des relations avec leurs collègues. En tant que président sortant du Barreau de Calgary, il se demande souvent pourquoi les jeunes avocats ne profitent pas des occasions qui se présentent pour tisser des liens avec d’autres avocats lors des réunions du Barreau. Ce sont des rencontres conviviales, exemptes d’antagonisme, mais les participants et participantes ont tendance à provenir de ce qu’il décrit comme la “ même vieille garde ”. Nos activités devraient être envahies par les jeunes avocats, mais ce n’est pas le cas… Si votre horaire ne vous permet pas d’y assister, si vous êtes trop occupé, alors suivez mon conseil : remaniez vos horaires de façon à pouvoir assister à ces activités ».

Les clients et clientes à éviter

De nombreux avocats et avocates ont fait l’expérience de clients et clientes qui ne leur inspiraient pas confiance, mais qu’ils ont accepté de représenter malgré tout. Parfois, on a le pressentiment, dès le départ, que quelque chose cloche, mais souvent on n’en prend conscience pleinement que lorsque le dossier est fort avancé. L’avocat en droit de la famille Lonny Balbi, du Balbi & Company Legal Centre de Calgary, raconte l’histoire d’une cliente qui a soudainement décidé de se représenter elle-même. « Je me suis retiré du dossier, et j’étais heureux de me débarrasser d’elle », explique-t-il. Elle est ensuite revenue le voir plusieurs mois plus tard et avait besoin de son aide de toute urgence.

Me Balbi continue en disant : « Je savais que je ne voulais pas accepter le mandat », mais il l’a accepté, moyennant des honoraires plus élevés, puisqu’il devait agir rapidement et mettre tous ses dossiers de côté pour s’occuper de celui-ci. Bien qu’elle ait accepté de payer ces honoraires et que le problème ait été réglé, « la cliente conteste maintenant ma facture devant les tribunaux, prétextant qu’elle avait payé trop cher. Elle était dans de sales draps et avait besoin d’aide alors je me suis occupé de son dossier, ajoute-t-il. Maintenant, cela se retourne contre moi. Cela ne valait pas la peine ». Quand vous en arrivez au point où il y a autant de conflits et de manque de communication entre vous et le client ou la cliente, renvoyez ce dernier à un autre avocat.

« Les avocats ne conviennent pas tous à tous les clients, poursuit Me Balbi. Cela n’a rien de personnel. Ce sont des gens avec lesquels vous n’allez tout simplement pas vous entendre ».

Préservez votre intégrité

Les clients et clientes vont et viennent, mais votre réputation est irremplaçable. « Votre réputation repose sur des petits détails liés à tous vos dossiers, à tous vos appels téléphoniques et à toutes vos relations avec d’autres avocats », fait savoir Betty Johnstone, avocate associée du cabinet Aikins, MacAulay & Thorvaldson LLP, de Winnipeg, qui pratique le droit de la construction. « Et on récolte le fruit de ses efforts d'une manière ou d'une autre ».

Me Johnstone se retrouve souvent avec des dossiers concurrents. Alors, au fil des années elle a eu de nombreuses occasions d’envoyer du travail à des collègues. Cependant, précise-t-elle, « ma liste de personnes auxquelles j’envoie du travail raccourcit avec les mauvaises expériences ». Elle poursuit en disant que de nombreux jeunes avocats ne comprennent pas « jusqu’à quel point ils entaillent la branche sur laquelle ils sont assis lorsqu’ils sont acerbes, inopportunément agressifs ou font de petits tours de passe-passe. Ils n’ont aucune idée de l’incidence de leurs gestes ».

« Restez courtois », conseille Kathleen Peterson, avocate associée du cabinet Balfour Moss LLP de Saskatoon, qui pratique le droit de la famille. « Cela vaut le coup pour le respect de soi, explique-t-elle. On se met parfois en colère puis on regrette d’avoir eu un tel comportement. Même si c’est parfois difficile, j’essaie de toujours rester courtoise. »

Gérez les attentes des clients et des clientes

La plupart des clients et des clientes de Me Peterson vivent un divorce, soit l’une des situations les plus stressantes de toute leur vie. « On est leur premier défouloir ». Bien qu’elle ne supporte pas les clients grossiers, elle dit : « je pardonne à mes clients d’avoir un comportement parfois à la limite de ce qui est acceptable, car je connais le stress auxquels ils sont soumis. Mais si un client dépasse les bornes et qu’il commence à être impoli et condescendant, je lui dis alors qu’il doit se trouver un autre avocat, car la situation est stressante pour nous deux ».

Un avocat devrait être objectif. Restez professionnel et gardez un sens de la mesure, lorsque vous aidez les clients à régler leurs problèmes. « Vous pouvez leur donner des conseils objectifs sans vous laisser emporter par les émotions qu’ils ressentent, quelles que soient ces émotions », indique Me Peterson.

Il est important de gérer les attentes des clients. Fixez ces attentes à un niveau raisonnable, et faites-les clairement connaître lorsqu’une affaire sera très difficile. Puis, ajoute Me Balbi, « si nous nous lançons et que je gagne, le client pense que je suis le meilleur gars du monde. Par contre, si nous perdons, il s’y attendait, en quelque sorte ».

Ne faites pas l’autruche

La facturation des clients et des clientes peut constituer une partie très difficile de la pratique du droit. Me Balbi explique que, lorsqu’il était jeune avocat, il « avai[t] peur de parler des frais d’avocat, et essayai[t] toujours de les rendre raisonnables en pensant que, s’[il] pouvai[t] les limiter on [l]’engagerait ». Les frais finissaient invariablement par être plus élevés « et je ne savais pas discuter et les clients se souvenaient toujours des frais plus bas dont j’avais parlés » précise-t-il. Au moment de discuter des frais, Me Balbi recommande de « mentionner d’abord le montant le plus élevé puis de ventiler les frais. Auparavant, je parlais souvent d’abord du montant le moins élevé. Bien sûr, nous réussissions rarement à facturer ce montant. Mettez l’accent sur les frais les plus élevés. Il est vrai que la première fois qu’on le dit, c’est difficile. On pense qu’on va s’étouffer du simple fait d’en parler ».

Me Balbi recommande d’appeler les clients avant de leur envoyer la facture. Il décrit cette pratique comme de la simple courtoisie et précise qu’elle accroît les chances de se faire payer. « Lorsqu’on envoie une facture à un client, le plus facile c’est de simplement signer la lettre et la facture, puis de mettre le tout à la poste. On se trouve à s’enfouir la tête dans le sable en espérant que, lorsque le client recevra la facture, il sera ravi et fera immédiatement un chèque de ce montant exorbitant ».

Lorsqu’il appelle ses clients, Me Balbi leur dit : « je vais vous envoyer une facture. Voici le montant. Voici le montant qui est en fidéicommis. Je voulais juste vous dire que la facture s’en vient. » Soyez attentif aux signaux. « Le client tombe-t-il de sa chaise? A-t-il un arrêt cardiaque? Semble-t-il plutôt à l’aise? S’il y a un problème, vous devez en discuter avec le client ».

Gérez le stress

Si vous n’aimez pas ce que vous faites, trouvez autre chose à faire. C’est une dure leçon pour bon nombre d’avocats, car après avoir passé des années à étudier le droit et à commencer à gagner confortablement sa vie, il est difficile d’envisager de changer de carrière.

« Il y a des jours où une partie du travail me pèse ou les gens avec lesquels j’ai à faire m’indisposent, fait savoir Me Balbi. Mais je me réjouis à l’idée de travailler, j’aime mon travail et j’ai beaucoup de plaisir à le faire. Je pense qu’aimer ce que je fais m’aide à être un meilleur avocat ».

Prenez soin de vous-mêmes, mentalement et physiquement. Ayez des intérêts en dehors du travail, faites de l’exercice, voyez des amis, amies, mangez bien et dormez beaucoup.

Le stress associé à la pratique du droit « peut causer beaucoup de problèmes comme la toxicomanie ou la dépression », explique Me Peterson. « Ne soyez pas absorbé par ce que vous faites au point de ne plus tenir compte des choses importantes de la vie ». Elle a vu des avocats s’effondrer et se brûler. « Ils et elles avaient littéralement le sentiment que le poids du monde reposait sur leurs épaules, et on voyait leur état se détériorer de jour en jour. Bon nombre d’entre eux ne se rendaient pas compte de ce qui leur arrivait et pouvaient s’enfoncer dans la dépression ».

Me Peterson fait remarquer que les stagiaires en droit et les avocats salariés sont « poussés par les associés à facturer, à facturer et à encore facturer. C’est l’argent, l’argent et encore l’argent. Et bien sûr, ils ont encore quatre autres dossiers tout aussi stressants qui doivent être traités aujourd’hui. Il est donc important de rester dans l’œil de l’ouragan afin de savoir qui on est et où l’on va ».

Conseils pour la salle d’audience

Soyez prêt. Me Peterson décrit une erreur qu’elle a déjà commise en cour. « Je me suis levée pour m’adresser au juge. C’était une demande compliquée et j’ai apporté le mauvais dossier avec moi, dit-elle. C’était vraiment horrible ».

Elle a dû expliquer au juge et à l’avocat de la partie adverse pourquoi elle n’était pas prête. Puis, elle a demandé à la cour d’inscrire l’affaire à la fin du rôle. Un employé du cabinet est arrivé à la hâte avec le bon dossier. « En fin de compte, nous avons réussi à faire valoir nos arguments, mais cette situation n’est pas idéale », explique Me Peterson.

Me Balbi remarque que les recrues commettent souvent l’erreur, dans la salle d’audience, « de ne pas savoir s’adresser à la cour correctement ». Il ajoute qu’il voit souvent des avocats sauter dans l’argumentation sans d’abord expliquer le contexte de l’affaire. « On peut voir que le juge est vraiment perdu, car il ne connaît rien du contexte. Cela donne une mauvaise image du juge et de l’avocat ».

Passez du temps dans la salle d’audience. « Observez la façon de faire des gens, arrivez à déterminer ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas, conseille Me Balbi. On apprend beaucoup en observant simplement les avocates et avocats d’expérience ».

Trouvez-vous de bons mentors. Trouvez un avocat principal que vous pouvez consulter régulièrement afin de pouvoir apprendre de quelqu’un qui sait ce qu’il fait. « Le mentorat est insuffisant de nos jours, précise Me Iacono. Il y a 30 ans, les jeunes avocats allaient travailler avec un avocat principal et apprenaient avec lui à se présenter devant la cour et à préparer leurs dossiers. Aujourd’hui, la plupart des jeunes avocats sont carrément jetés dans la fosse aux lions ».

Enfin, sachez reconnaître le moment où il faut arrêter de poser des questions à un témoin. Me Iacono donne un exemple classique. « Vous êtes debout à contre-interroger un témoin, vous obtenez une bonne réponse de ce témoin et vous devriez vous asseoir. Mais vous commettez l’erreur de poser une question de trop et de laisser ainsi, au témoin, une chance de préciser la réponse qu’il vous avait donnée ».

Comment sait-on qu’on en a assez dit? « Cela vient avec l’instinct et l’expérience. Et cela découle aussi du fait de se trouver là, de faire son travail, de commettre l’erreur une première fois puis de savoir quand il faut se taire ».

Ann Macaulay est rédactrice-pigiste en affaires juridiques basée à Toronto.

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