Chaque mois, EnPratique présentera sa chronique « Splendeurs et misères d’un changement de carrière », laquelle relate les aléas et défis vécus par Sandra L. Schulz, c.r., une avocate et médiatrice qui exerce en pratique privée de son bureau à domicile en Alberta.
Splendeurs et misères d’un changement de carrière : Partie VII – La catastrophe
par Sandra L. Schulz, c.r.
Il n’y a encore pas si longtemps, j’associais systématiquement le mot « catastrophe » aux accidents de voiture ou d’avion, un réflexe relativement normal pour une avocate spécialisée dans les blessures corporelles. Cependant, la calamité qui s’est récemment abattue sur moi, dans des proportions bien moindres, a modifié ma vision et j’associe désormais ce terme à une hideuse panne informatique!
Par une journée orageuse, alors que je rentrais chez moi, je constatais que tous les réveils et horloges numériques clignotaient. Visiblement, il y avait eu une panne de courant dans la maison pendant mon absence. J’appuyais sur le bouton « power » de mon ordinateur et un message bizarre se mit à clignoter sur un fond d’écran bleu, me demandant de réinstaller le programme d’exploitation.
C’était un phénomène totalement nouveau pour moi, comme d’ailleurs la plupart des situations surgissant en rapport avec mon ordinateur! Voyant que ma tentative de suivre les instructions de réinstallation ne donnait aucun résultat, je sollicitais l’aide de mon cher conjoint et de mon voisin, mais hélas en vain, car aucun d’eux n’était disponible. En désespoir de cause, je décidais de faire appel aux grands renforts, soit mon technicien attitré (alias Monsieur Répare-tout).
M. Répare-tout arriva en un temps record et me raconta que deux pannes de courant s’étaient succédées en un très bref laps de temps. Voici le scénario du désastre : la première panne avait éteint mon ordinateur sans que le programme en cours ait été auparavant correctement fermé; lorsque le courant était revenu, l’ordinateur avait donc automatiquement essayé de réparer les dégâts dans les fichiers ouverts au moment de la panne. C’est à cette étape-là que la seconde panne de courant est survenue, occasionnant la débâcle dans le système. Mon technicien décrivait cet incident comme l’équivalent d’un pic à glace électromagnétique venant saboter le disque dur ou, en langage de profane (le mien!), c’est comme si on creusait dans un disque vinyle avec la pointe d’une aiguille…. vision d’horreur!
Résultat des courses : le disque dur contenant tous mes programmes d’exploitation et tous mes fichiers étaient détruits. En gros, ça voulait dire que mon disque dur était « fichu ».
Comment cette catastrophe avait pu arriver alors que j’avais un limiteur de surtension? M. Répare-tout m’expliqua alors calmement qu’un limiteur de surtension ne protégeait que contre un volume excessivement élevé de courant sur la ligne. Ce système n’est pas là pour niveler les « bosses » de l’arrivée du courant; il se contente d’empêcher que l’ordinateur reçoive une brusque hausse d’électricité. En fait, j’étais protégée contre un excès de courant électrique mais pas contre l’absence de courant ...
Pour se protéger contre une telle panne d’électricité, il me fallait une alimentation électronique sans interruption, qu’on appelle couramment un « UPS ». Un « UPS » est, en gros, un bloc-batterie que l’on branche dans le mur. Ainsi, en cas de panne de courant, l’« UPS » fournira sans interruption de l’électricité en quantité suffisante pour vous permettre de terminer ce que vous êtes en train de faire et d’éteindre votre ordinateur en toute sécurité. Si vous êtes absent, ce système éteindra automatiquement l’ordinateur de façon à éviter tout dommage à votre disque dur. J’ai appris en plus que, d’après le niveau de mon équipement et de mes besoins, cet « UPS » devrait coûter entre 60 et 150 $.
Je me tournai alors vers M. Répare-tout dans un mouvement de rage tout juste contrôlé : « Quoi! Vous êtes en train de me dire que pour un ridicule 150 $, cette horrible catastrophe aurait pu être évitée? »
M. Répare-tout opina doucement du bonnet en m’expliquant de ne pas m’inquiéter, il allait installer un nouveau disque dur, réinstaller le programme d’exploitation et restaurer mes dernières copies de sauvegarde. En captant la lueur d’effroi dans mon regard, il devina que je ne ressentais pas le soulagement auquel il s’attendait. « Quand avez-vous effectué votre copie de sauvegarde la dernière fois, Sandra? », me demanda-t-il?
Ma gorge était tellement serrée que j’avais du mal à émettre le moindre son, je réussis quand même à articuler dans un souffle. « Il y a deux mois... ». Après un bref moment de panique, je réalisai cependant que j’avais copié les dossiers de mon ordinateur de bureau sur mon ordinateur portable avant de me rendre à une conférence la semaine d’avant. Ainsi, j’avais finalement perdu très peu de textes; ce qui avait failli être un désastre n’était au bout du compte qu’un inconvénient relativement supportable.
Les cieux étaient donc cléments pour les ignares en informatique, heureusement dotés d’un équipement portatif de pointe!
P.S. : M. Répare-tout a donc dressé à mon intention un programme de routine pour m’obliger à faire des copies de sauvegarde régulièrement. Ainsi chaque vendredi après-midi, mon ordinateur m’avertira automatiquement qu’il faut sauvegarder mes fichiers, ouvrir le tiroir à CD, me demander (sans politesse excessive, je dois dire) d’insérer un CD vierge puis de refermer le tiroir à disque compact. Au bout de quelques minutes, l’ordinateur me demande d’enlever le CD, de l’entreposer dans un endroit sécuritaire et m’autorise à retourner au travail. On voit bien qui est le chef en tout cas!
Comment survivre à une débâcle informatique :
1. Procurez-vous un « UPS » (alimentation électrique sans interruption) afin de passer à travers une panne de courant sans dommage. Un limiteur de surtension ne suffit pas dans la mesure où il ne peut vous protéger contre les dégâts d’une panne de courant. Dès que vous l’aurez installé, procédez à un essai pour voir s’il fonctionne efficacement.
2. Faites régulièrement des copies de sauvegarde. Même les avocats et avocates à leur compte disposent de renseignements assez nombreux et importants pour craindre de les perdre. Évaluez la période de temps requise entre les copies de sauvegarde périodiques, selon la quantité de renseignements détenus. Dans certains cas, il est recommandé de procéder à une copie de sauvegarde par jour.
3. Éteignez votre ordinateur après chaque utilisation. Si vous ne le faites pas, vous risquez d’endommager votre disque dur et/ou de perdre des dossiers.
4. Ayez toujours une ou un spécialiste prêt à vous aider. Un bon technicien en informatique vaut son pesant d’or!
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