Un juriste guatémaltèque reçoit des menaces de mort en raison de poursuites contre une compagnie minière

  • 26 janvier 2018

Chacun mérite d’exercer son métier sans risquer des menaces de mort ou devoir faire face à des actes d’intimidation ou à la violence, même les juristes qui s’efforcent de protéger les droits d’un peuple autochtone face aux intérêts de sociétés. Les Principes de base relatifs au rôle du barreau entérinés par les Nations Unies sont, en partie libellés de la façon suivante.  

  • Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s'acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue […].
  • Lorsque la sécurité des avocats est menacée dans l'exercice de leurs fonctions, ils doivent être protégés comme il convient par les autorités.

Pedro Rafael Maldonado Flores et ses collègues de CALAS, une organisation non gouvernementale de défense des droits de la personne au Guatemala, ont été victimes de tous ces actes d’intimidation alors qu’ils représentaient les droits de personnes locales dans le cadre d’un litige entre Tahoe Resources, une société basée au Canada et aux États-Unis, à propos de la mine Escobal. L’un des collègues de Me Maldonado a été tué par balle en novembre 2016. En avril 2017, des motards ont tiré sur une voiture devant la résidence de Me Maldonado.

Dans une lettre (disponible uniquement en anglais) adressée à la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, Kerry Simmons, la présidente de l’ABC, souligne que les actes de violence coïncident avec la contestation judiciaire, effectuée par Me Maldonado, des permis de Tahoe pour exploiter cette mine. En juillet 2017, la Cour suprême du Guatemala a accordé une suspension temporaire de deux des permis miniers de Tahoe jusqu’à ce que l’affaire soit tranchée. (Dans son rapport sur ses résultats pour le troisième trimestre publié en novembre dernier, dans lequel Tahoe décrit CALAS comme une ONG opposée aux activités minières, elle a souligné (non disponible en français) que le permis avait été remis en vigueur.)

[TRADUCTION] « Nous pensons que cela justifie des inquiétudes grandissantes à propos d’un accroissement des menaces et des actes d’intimidation et de violence à l’encontre de Me Maldonado et ses collègues de CALAS », a déclaré la présidente de l’ABC. « Cette situation a déjà suscité un tollé mondial et des appels à l’action, y compris une lettre ouverte du Barreau du Haut-Canada qui exhorte le gouvernement guatémaltèque à se conformer aux Principes de base relatifs au rôle du barreau énoncés par les Nations Unies.

Me Simmons a exhorté la ministre à apporter publiquement son soutien à Me Maldonado et à ses collègues de CALAS en demandant au gouvernement du Guatemala de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect de ces principes qui exigent des pouvoirs publics qu’ils protègent les avocats lorsque leur sécurité est menacée en raison de leur travail.

[TRADUCTION] « L’ABC exhorte le Canada à apporter son soutien aux juristes qui s’efforcent de défendre la primauté du droit et le respect des droits de la personne tant au Canada que sur la scène intern

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