Jeunes avocats de l’ABC : contribuer à la protection juridique des droits de la personne à l’étranger
Par l’intermédiaire du Programme international des jeunes juristes de l’ABC, qui est subventionné par l’Agence canadienne de développement international, de jeunes juristes participent à des stages d’une durée de sept mois et demi, pendant lesquels ils travaillent avec des organismes juridiques spécialisés en droits de la personne, en Amérique latine, dans les Caraïbes, en Afrique, et en Asie du Sud-Est.
Alors que les stagiaires de la cohorte de 2008-2009 se préparent à rentrer chez eux, ils ont été invités à décrire brièvement leur expérience de stage. Voici quelques-unes de leurs réflexions :
Roanna Tay Affectée dans le Centre de ressources juridiques à Grahamstown, en Afrique du Sud
« …Une lutte constante pour protéger les intérêts des plus faibles »
Mon stage de six mois a été très riche en leçons. J’ai fourni des conseils à des clients dans les régions les plus éloignées du pays, lutté avec des fonctionnaires et remporté de petites victoires.
À la fin de ma première semaine de travail, nous étions dans le Transkei où des centaines de personnes ont participé à une réunion avec le ministre de l’Énergie et des Minéraux pour s’opposer à une licence d’exploitation minière jugée menaçante pour leur qualité de vie et l’environnement. Le Centre de ressources juridiques (CRJ), leur représentant légal, a réussi à suspendre l’octroi de la licence.
La mission du CRJ est de lutter en faveur d’une société entièrement démocratique basée sur l’égalité substantive et de s’assurer que les principes, droits et responsabilités consacrés par la constitution sud-africaine sont respectés et appliqués. Le CRJ permet aux marginalisés et aux plus vulnérables d’affirmer leurs droits et de faire entendre leur voix à la Cour.
Durant mon stage, j’ai pu témoigner de cette lutte constante pour protéger les intérêts des plus faibles : des personnes expropriées par le gouvernement de l’apartheid, des enfants victimes d’abus et des orphelins, des enfants à la rue sans accès à l’école, des sans-abris luttant pour des logements à faible coût, etc.
Les résultats obtenus m’ont apporté une immense satisfaction. Je tiens à remercier le CRJ de m’avoir accordé des responsabilités et mes clients pour leur confiance. Comme me l’a dit l’un d’entre eux, a luta continua!
Cristiano Papile Affecté au Barreau de Tanganyika, l’Association du Barreau de Tanzanie.
« Mon plus grand défi a été d’ordre bureaucratique »
J’ai été muté à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, l’une des destinations les plus prisées d’Afrique. Mon poste au Barreau de Tanganyika (BDT) m’a fourni une expérience sur le terrain en droits humains dans un pays au climat tropical!
Je me suis présenté au BDT un lundi matin. Tous s’affairaient aux préparatifs de l’assemblée générale biannuelle et je n’ai pas été tellement sollicité au départ.
Ensuite, j’ai dû préparer en seulement 24 h un séminaire que je devais présenter au cours de la même semaine à 200 avocats tanzaniens. Lors de mon stage, j’ai commenté une loi, participé à la remise en question de la constitutionnalité de la peine de mort et à des réunions avec des juges, ministres et diplomates. J’ai organisé une journée visant à fournir une aide juridique à des centaines de personnes et je me suis familiarisé avec un vaste programme de réformes du secteur juridique tanzanien.
Mon plus grand défi a été d’ordre bureaucratique. J’ai dû apprendre à gérer les retards constants dans pratiquement chaque aspect de mon travail. Certes, le BDT a élargi mes horizons et une fois mon stage complété, j’envisage de rester en Tanzanie.
« Dar-es-Salaam : ville fascinante... chaotique à première vue »
Sarah Louw Affectée au Centre juridique des droits humains (CJDH) à Dar-es-Salaam, Tanzanie
Le CJDH est une ONG tanzanienne qui offre des services juridiques et surveille l’état des droits humains. Ma tâche principale a été de rédiger le rapport 2008 sur cette question.
Après quatre mois de stage, je suis devenue familière avec les thèmes suivants : la sorcellerie, les punitions corporelles, les mariages polygamiques, etc.
J’ai également eu le privilège de participer à une manifestation contre la peine de mort qui s’est conclue par une pétition remettant en question sa constitutionnalité. J’ai aussi escaladé le mont Kilimandjaro pour célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration des droits humains en compagnie de 21 personnes et appuyer une campagne contre la violence faite aux femmes.
La ville de Dar-es-Salaam, chaotique à première vue, est fascinante par ses différentes cultures et religions. Quelle expérience enrichissante!
« …J’ai mieux saisi les défis inhérents à la promotion de programmes juridiques »
Stéphanie Vig Affectée à l’Association du Barreau éthiopien, à Addis-Abeba (2005-2006)
Je me suis consacrée avant tout au développement de l’Association du Barreau éthiopien (ABE), en augmentant les adhésions de membres et la représentation des femmes.
J’ai conçu et développé des projets à titre d’agente de projets. J’ai également sollicité des fonds pour des programmes d’amélioration des services juridiques gratuits, d’avancement de l’éducation civique à travers le pays et de développement de formations pour juges, avocats, parlementaires et policiers. J’ai rencontré des donateurs qui travaillent dans les ambassades, les organisations internationales et les ONG locales et j’ai mieux saisi les défis inhérents à la promotion de programmes juridiques dans des organisations comme l’ABE.
Acquérir une expérience juridique internationale est exceptionnel. Il faudrait applaudir le Programme international des jeunes juristes de l'ABC pour l’occasion qui leur est offerte d’obtenir une telle expérience. Cela permet de travailler avec des intervenants locaux et des organismes internationaux, de créer des relations et même de développer des amitiés.