Comment se préparer dès maintenant pour un poste de conseiller juridique d’entreprise
Par Alison Arnot
Certains étudiants et diplômés récents en droit aspirent à des carrières qui dépassent le traditionnel contexte du cabinet d’avocats – pour être plus précis, ils visent des carrières au sein du service juridique d’une entreprise. Les diplômés en droit qui se font engager à leur sortie de la faculté en tant que conseillers juridiques d’entreprises sont peu nombreux. Certains facteurs contribuent toutefois à augmenter la probabilité de se faire engager à un stade ultérieur au sein d’un contentieux.
1. Compétences acquises dans les domaines des affaires et du litige. « Dans leurs postes, les conseillers juridiques d’entreprises traitent autant de questions commerciales que de questions juridiques, particulièrement lorsqu’ils travaillent sur le côté affaires de l’entreprise », explique Todd Wharton, conseiller juridique chez Postes Canada à Toronto. Toute expérience du domaine des affaires que vous aurez pu acquérir à l’extérieur de la faculté de droit (dans le cadre de carrières précédentes, d’autres emplois, d’études de premier cycle, de cours en administration des affaires, ou même d’un programme qui conjugue un diplôme en droit et une maîtrise en administration des affaires) sera certainement utile.
Quant à Me Wharton, il a pris le Cours sur le commerce des valeurs mobilières du Canada après avoir obtenu son diplôme en droit. « J’étais surtout motivé à l’idée de pouvoir mieux comprendre les informations financières qui paraissent même dans les médias non-commerciaux, et de me donner de plus grandes possibilités d’emplois auprès de sociétés cotées en bourse et du secteur des services financiers », explique-t-il.
D’autres diplômés en droit prennent les cours nécessaires pour devenir des analystes financiers agréés. « Cette formation est extrêmement exigeante et ne mènerait à des possibilités d’emplois que dans les domaines des services financiers ou des valeurs mobilières », indique Me Wharton. « Cette désignation serait toutefois très utile dans le contexte de certains postes auprès de contentieux bien précis. »
François Lavallée partage cet avis. Le premier vice-président, Affaires juridiques, chez La Financière Banque Nationale à Montréal, explique que son candidat idéal est un diplômé en droit qui est aussi analyste financier agréé. « Ils comprennent l’univers financier et ils ont aussi les connaissances juridiques qui leur permettent de s’y retrouver », mentionne-t-il, en ajoutant que ce profil idéal est rare. Pour Me Lavallée, « l’entrevue du candidat importe bien plus que son curriculum vitae ». Il souhaite voir un candidat qui fait preuve d’un jugement sûr et d’une attitude positive et qui se montre prêt à apprendre et à s’adapter.
Me Lavallée recherche aussi des candidats qui ont de solides compétences en matière de litige. « Par le passé, le conseiller juridique d’entreprise travaillait typiquement sur des questions de droit des sociétés et de droit des affaires, sur des fusions et acquisitions, et d’autres dossiers de cette nature », explique-t-il. « Même si tout ceci reste pertinent, ce sont les questions de réglementation ainsi que la gestion des risques qui prennent de plus en plus d’importance dans notre nouveau contexte réglementaire. Les compétences en matière de litige sont importantes à cause de l’évolution de la réglementation. »
2. Un bon réseau. Un étudiant augmentera ses chances de réaliser ses ambitions de carrière au sein d’un contentieux s’il sait bien développer son réseau. Me Wharton recommande « d’établir un réseau aussi vaste que possible parmi les personnes que vous connaissez dans le cadre de votre emploi ou au sein de la profession. Indiquez-leur clairement ce à quoi vous aspirez. ». La plupart prendront pour acquis que vous voulez travailler dans un cabinet d’avocats. « Avisez tous ceux qui vous entourent que vous cherchez un poste au sein d’un contentieux. Communiquez régulièrement avec vos amis du monde des affaires – ils seront généralement mieux placés que les avocats pour savoir si des postes s’ouvrent. »
3. Adaptabilité. Me Wharton a accepté un emploi temporaire chez EDS en espérant pouvoir exploiter cette occasion afin d’obtenir un poste permanent au sein du service juridique de la société. Quelques mois plus tard, il est devenu conseiller en matière de passation de marchés chez l’entreprise aérospatiale Northrup Grumman Canada Corp. (maintenant dénommée L-3 Communications Electronic Systems Inc.). Après deux années et demie, il a ensuite décroché le poste de conseiller juridique chez Postes Canada, qu’il occupe maintenant depuis quatre années. Soyez réceptif à l’égard de toutes les possibilités qui pourraient se présenter à vous.
4. Réseau professionnel. Participer aux activités d’une association professionnelle ne saurait être que bénéfique. Peu de temps après avoir débuté chez Northrup Grumman, Me Wharton a commencé à faire du bénévolat auprès de l’Association canadienne des conseillers juridiques d’entreprises (ACCJE), ce qui lui a permis d’en apprendre sur différents postes, et de développer son réseau professionnel.
L’ACCJE comprend deux catégories de membres, explique sa directrice exécutive, Silvie Kuppek. Les membres réguliers sont conseillers juridiques d’entreprises; ils ont le droit de vote et bénéficient de tous les services offerts par l’ACCJE. Les membres associés, quant à eux, ne peuvent voter lors de la réunion générale annuelle de l’ACCJE, ou participer aux activités qui sont réservées aux conseillers juridiques d’entreprises. Un étudiant ou récent diplômé pourrait devenir membre associé. Tous les membres de l’ACCJE sont aussi membres de l’ABC.
5. Le stage le plus approprié. « J’ai l’impression », dit Me Wharton, « que si vous faites votre stage dans un grand cabinet, de plus nombreuses possibilités d’emploi s’ouvrent à vous ». Vous aurez plus de chances de développer vos relations avec les grands clients et si, après votre stage, vous devenez avocat salarié du cabinet, vous pourriez être provisoirement affecté auprès de l’unité d’affaires d’un client pendant une année ou plus. « Ce qui arrive souvent dans ces cas-là, c’est que la personne qui aura été provisoirement affectée décidera de rester au sein du service juridique de la société », explique-t-il..
Alison Arnot est auteure indépendante.
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