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Intégration difficile
Ne pas retenir un stagiaire pour des raisons économiques, c’est une chose. Mais comment gérer la situation du stagiaire qui ne convient pas au bureau?
par André Giroux
Lorsque le cabinet n’offre pas d’emploi à la fin du stage, non pas pour des motifs économiques, mais parce qu’il considère que le jeune ne correspond pas au profil recherché, cela pose évidemment un problème particulier », note Me Dominique Tardif, directrice du bureau de Montréal pour ZSA Recrutement juridique.
« Ne fais pas l’affaire, qu’est-ce que cela signifie? demande Me Caroline Haney, présidente de Haney, recrutement juridique. Cela ne remet pas nécessairement en cause la compétence du stagiaire.
Cela signifie peut-être simplement qu’elle ne fait pas l’affaire à un endroit et dans un contexte spécifiques ». L’avocate suggère de prendre le temps de bien évaluer la situation avec le stagiaire, de lui présenter ses points forts et ses points faibles. « Faire le point avec le stagiaire est essentiel, estime Me Haney. On ne jette pas quelqu’un à la poubelle ».
Par exemple : « Tu préférais le litige, mais ce n’est pas ta plus grande force, illustre Me Haney. Tu serais meilleur en droit commercial, ou en recherche, ou en rédaction », selon le cas.
Parfois, c’est la nature du cabinet qui ne convient pas au jeune. Il est important de le lui dire. Par exemple : « À notre avis, tu serais davantage à ta place dans un plus petit cabinet, mentionne Me Haney. Tu y trouverais une plus petite structure avec un mentor plus près de toi ». « Le problème avec le stagiaire peut trouver sa source dans le rapport interpersonnel avec le supérieur hiérarchique, suggère l’avocate.
Deux personnalités trop différentes peuvent inévitablement provoquer des conflits ». La responsabilité n’en incombe alors pas entièrement sur les épaules du stagiaire. Inutile et même néfaste de la lui faire porter. « Il existe une différence entre ne pas livrer la marchandise et vivre un problème de personnalité, souligne Me Tardif. Je rencontre quotidiennement des gens qui veulent changer d’emploi à cause de difficultés interpersonnelles. Cela ne met pas nécessairement en cause la compétence de qui que ce soit. Ce n’est pas parce qu’une personne fonctionne difficilement dans un cabinet qu’elle fonctionnera mal ailleurs. » Dans les cas plus difficiles, Me Haney continue de suggérer la transparence : « Es-tu vraiment heureux en droit? Peutêtre devrais-tu prendre un temps de réflexion, voyager, réaliser des études supérieures,
etc. »
Embauche ou non, la fin du stage constitue un bon moment pour faire le point. Quelles sont les forces et les faiblesses du stagiaire? Dans quel domaine du droit ou de pratique rend-il les meilleurs services? Quel type de cabinet ou de contentieux correspondrait le mieux à sa personnalité? Dans certains cas, vérifier avec le jeune son intérêt réel pour la profession juridique. « C’est long s’ennuyer pendant trente ans », rappelle Me Haney.
Aux stagiaires et aux cabinets, Me Tardif rappelle que « le stagiaire ou nouvel avocat se retrouve dans une situation particulièrement difficile quand il ne peut bénéficier d’une lettre de recommandation après le stage »
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